qu'est-ce-qu'une icône ?

 

 

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Si nous ne pouvons nier le fait que toute nature est double, nous avons au regard de l'icône l'ensemble du message transmis par l'iconographe lui-même canal de hautes énergies, vers notre propre personne. Il y a là un effet miroir. 

Que voyons-nous ? Qu'acceptons-nous de ce message ? 

Les mots sont autant de plots qui formeront une barrière à notre esprit qui contemple l'icône.

Icône vient d'un mot grec "eikon" qui signifie : image, ressemblant, figuratif, similitude. Une icône est une peinture à sujet religieux des églises orientales. C'est un symbole palpable et visible à nos yeux humains.

Si nous acceptons le fait que l'icône est une image à la ressemblance d'êtres immatériels, elle peut révéler voire activer  nos qualités morales et si nous avons chacun les nôtres, ceci ne me semble pas très important du fait que nous sommes dans un chemin droit et que nous regardons les autres sans s'oublier soi-même. La morale est une affaire personnelle.  

L'icône, expression artistique du sacré,  va stimuler notre esprit, l'ouvrir à d'autres perceptions. En un mot elle va toucher  notre coeur afin de l'ouvrir à d'autres vibrations. Nos yeux physiques s'éteignent. L'on ne voit plus l'icône comme un tableau mais comme une scène divine et sacrée. Les personnages sont vivants et nous transmettent la lumière, leur lumière si faible et pourtant si puissante. L'icône diffuse son parfum par le canal de l'iconographe dont le travail quotidien est la prière, l'ascèse mais aussi et surtout le recueillement et une foi inconditionnelle en Dieu.

C'est une vision matérialisée de la Foi et un support grandiose pour la prière et la vie intérieure.

Selon l'église orthodoxe, Saint Luc fit trois portraits de la Vierge Marie. Celle-ci les approuva et leur conféra sa force spirituelle. Depuis, toute icône est investie de la même force.

Saint Jean Damascène, le défenseur des saintes icônes au VIIIème  siècle, dans son premier Traité de la Défense des Icônes s'écrie : "Comment faire l'icône du Dieu invisible, dessiner ce qui n'a ni quantité, ni mesure, ni limite, ni forme ? Comment peindre l'incorporel ? Comment figurer le "sans figure" ? Tant que Dieu est invisible n'en fais pas l'icône. Mais dès lors que tu vois l'incorporel devenu homme, fais l'image de la forme humaine ; lorsque l'invisible devient visible dans la chair, peins la ressemblance de l'invisible".

L'icône religieuse est un intermédiaire entre le monde visible et invisible. Elle illustre un cheminement, un voyage du terrestre vers le céleste, du non sens vers le sens. Elle invite à une méditation que symboles et conventions iconographiques viennent alimenter.

Il est essentiel de comprendre que, dans la composition de l'icône religieuse, la lumière ne vient pas de l'extérieur, d'une lumière solaire ou artificielle. L'icône religieuse parle de ce que fait le cœur de l'expérience humaine, de cette lumière qui ne peut venir que de l'intérieur. L'irradiation de l'intérieur est illustrée par l'absence d'ombrages dans la composition.

En outre, la perspective est inversée dans l'icône chrétienne. Dans les tableaux conventionnels, la perspective est orientée vers un point de fuite situé à l'intérieur de la composition picturale. Dans l'icône religieuse, la perspective inversée fait que c'est le spectateur qui sert de point de fuite : c'est lui qui reçoit le message sur l’importance du sacré et de son mystère.

Le rôle de l'icône est de nous mettre en relation avec la personne ou le mystère représenté.  L'icône est aussi un sacrement  de la Présence Personnelle.  Ce que l' Evangile nous dit par la parole,  l'icône nous l'annonce par les couleurs et nous le rend présent.

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